> Espace Professionnel



Disponible prochainement
Accueil
Rechercher >>
Inscription newsletter >>
Actualités
Nos liens
« Parlez-nous de votre douleur »
Nos rubriques
Présentation
L'association
Notre fonctionnement
Textes réglementaires
Statistiques
Nos actions de communication
Protocoles
Presse / Publications
Nos partenaires
Caisse d'assurance maladie MSA B Braun ARS

Présentation > Le constat

Avant la prise en charge systématique des malades par cathéter périnerveux, la situation clinique et personnelle de certains malades artéritiques était insoutenable, voire insoluble.
Sur le plan clinique, les lésions d'artérite sont très douloureuses, lentes à guérir et occasionnent des douleurs violentes, insomniantes et mal contrôlées par la morphine.

Ces douleurs étaient généralement la cause d'une hospitalisation de longue durée, coûteuse, dans le but unique de dispenser des médicaments analgésiques et de pouvoir ainsi réaliser les soins infirmiers indispensables.  

A l'heure de la T2A (tarification à la pathologie), les établissements de soins ne pouvaient plus accepter un engorgement de leur secteur septique par quelques patients dont les durées moyennes de séjour pouvaient atteindre plusieurs semaines.

La douleur violente de l'artérite ne permettait pas de placer ces patients dans des structures plus adaptées qu'un service de chirurgie.  

Aucun établissement de soin de suite ou de rééducation ne souhaitait les prendre en charge, même après le règlement de la situation chirurgicale (amputation, pontage...).

Le retour à domicile était bien évidemment impossible.

Sur le plan humain, la situation était également bloquée. Les patients n'avaient d'autre perspective que d'attendre au fond d'un lit une solution analgésique ou chirurgicale qui ne venait pas. L'amputation, souvent réclamée comme une délivrance, par la famille et le patient, n'était pas toujours facile à mettre en œuvre. Elle ne résolvait pas tout.
La perception de douleurs extrêmement vives survenait dans un bon nombre de cas, ramenant les patients à leur état pré-amputation. Cette situation était très mal vécue par les patients et leur famille, qui ne comprenaient pas que le remède puisse être pire que le mal.

Quelles solutions analgésiques avions-nous à notre disposition ?

Les antalgiques de paliers 1 à 3

Nous avons très souvent associé des antalgiques morphiniques à des antalgiques de paliers 1 et 2.  

Mais l'efficacité de la morphine est faible dans la maladie artéritique. Tout au plus peut-on espérer une diminution de la douleur au repos.

Mais, dans tous les cas, il n'était pas possible d'obtenir une analgésie compatible avec les soins infirmiers indispensables à une bonne cicatrisation (épluchage et détersion des plaies).

La grabatisation de ces malades générait de nouvelles lésions. L'état des malades se dégradait alors rapidement. L'association des nombreux effets secondaires de la morphine et des lésions qui s'aggravaient pouvait accélérer la morbidité et la mortalité, dans des conditions humainement difficiles à supporter pour les familles et les soignants.

L'analgésie par cathéter périnerveux

Connus depuis longtemps dans l'analgésie postopératoire, remarquablement efficaces, les cathéters périnerveux étaient jusqu'en 2000 peu utilisés pour les malades douloureux chroniques.

En 2000 des cathéters périnerveux ont été systématiquement implanté chez tous les malades artéritiques à la Clinique Saint Joseph (Charente).

Suite à cette systématisation, il a été observé :
- des scores de douleur considérablement moins élevés (EVA < 3)
- une amélioration de la cicatrisation (ulcères artériels, nécroses...) chez certains patients qui se dégradaient jusqu'alors
- une baisse des durées moyennes de séjour de 34%
- une baisse du nombre d'amputations.

Mais ce qui est apparu clairement, c'est l'adhésion des infirmières des services d’hospitalisation pour cette technique. Celles-ci étaient tellement enthousiastes qu'elles signalaient tout patient de l'établissement qui, selon elles, pourrait bénéficier de cette analgésie.

C'est cette adhésion massive des infirmières qui a fait réfléchir l'équipe soignante à l'élargissement de cette technique à domicile et à toute l'organisation en réseau qui allait en découler.